Cinéma et 3D à l’Utopia

« Cinéma garanti sans 3D » voilà ce qui est écrit sur le programme de l’UTOPIA, un cinéma indépendant de Bordeaux à la programmation et l’approche très intéressante.
Pour tout dire, j’adore l’utopia, le lieux, les informations qu’on y trouve, les films qu’on y voit, les ateliers, réunions d’informations, les débats et autres évènements qui s’y déroulent.
Mais je trouve vraiment mauvaise cette formule que je rapelle : « Cinéma garanti sans 3D ». La 3D serait l’équivalent des OGM pour la nourriture.
Certes, UTOPIA a expliqué qu’ils ne pouvaient pas équiper une salle en 3D car cela est hors de prix. C’est tout à fait compréhensible. Certes, aujourd’hui, la plus part des films existants en version 3D sont des grosses productions ayant des choix cinématographiques très orientées vers le succès commercial et aux directions artistiques parfois douteuses.

L’important c’est qu’est ce qu’un film a à raconter et comment il utilise le média vidéo pour le raconter. Et là, dans l’absolu, je ne vois pas pourquoi utiliser la technologie 3D serait un gage de mauvaise qualité. Je pense que dans les années à venir les cinéastes vont pouvoir utiliser la 3D pour donner un caractère plus immersif au cinéma d’auteur. La technologie devrait au fil des ans devenir plus accessibles aux cinéastes axés cinéma d’auteur et de même les cinémas indépendants auront surement les moyens de s’équiper en 3D.
Les cinéastes pourront alors adpater, réinventer une écriture cinématographique de qualité adaptée à la technologie 3D (que ce soit en vidéo filmée ou en image de synthèse).

Bref, je trouve dangereux et faux de sous-entendre que l’utilisation d’une technique engendre nécessairement une mauvaise qualité générale. Ce serait équivalent d’affirmer que toute musique qui utilise des sons électroniques est de la grosse soupe. Une telle affirmation concernant la musique, aujourd’hui, peut être clairement qualifiée de conservatrice. Or je ne pense pas qu’utopia soit une structure à tendance conservatrice. Je pense juste qu’ils ont mal choisi leur slogan.